Après une agression, le stress et l’adrénaline peuvent perturber votre perception, votre mémoire et votre capacité à prendre des décisions. Vous pouvez vous sentir désorienté, ne pas remarquer immédiatement une blessure ou avoir du mal à expliquer ce qui vient de se passer.
Les premières minutes sont pourtant importantes pour assurer votre sécurité, recevoir des soins et préserver les éléments qui pourront être utiles à l’enquête.
Voici les principaux réflexes à adopter après une agression. Ces conseils sont généraux et ne remplacent jamais les instructions des secours, de la police ou d’un professionnel de santé.
1. Éloignez-vous du danger et rejoignez un lieu sûr

Votre première priorité est d’éviter une nouvelle attaque.
Si vous pouvez vous déplacer sans aggraver une blessure, éloignez-vous de l’agresseur et rejoignez un endroit fréquenté : un commerce, un établissement ouvert, un groupe de personnes ou un lieu sécurisé.
Faites-vous remarquer clairement et demandez directement de l’aide. Plutôt que de crier simplement « Au secours », désignez si possible une personne précise :
« Vous avec la veste noire, appelez la police, s’il vous plaît. »
Si l’agresseur est toujours présent, ne le poursuivez pas et ne retournez pas récupérer un objet. Mettez de la distance, observez votre environnement et attendez l’intervention des services compétents.
La possibilité de vous éloigner dépend parfois de la rapidité avec laquelle vous avez identifié le danger. Découvrez comment reconnaître les signes précurseurs d’une agression.
2. Appelez les services d’urgence

En Belgique, appelez :
- Le 112 pour une ambulance ou les pompiers ;
- Le 101 pour une intervention urgente de la police.
Ces numéros sont gratuits et accessibles 24 heures sur 24. Si vous êtes blessé, si une arme a été utilisée ou si l’agresseur se trouve encore à proximité, contactez immédiatement les services d’urgence. Service public belge 112
Lorsque vous téléphonez, essayez de communiquer calmement :
- Votre localisation exacte ;
- La nature de l’agression ;
- Le nombre de victimes ;
- La présence éventuelle d’une arme ;
- La direction prise par l’agresseur ;
- Votre état physique ou celui des autres victimes.
Ne raccrochez pas avant que l’opérateur vous l’autorise et suivez précisément ses instructions.
3. Vérifiez votre état physique sans aggraver vos blessures

Après une agression, l’adrénaline peut temporairement masquer la douleur. Une blessure qui semble légère peut également devenir plus visible quelques minutes ou quelques heures plus tard.
Observez notamment la présence de :
- Saignements ;
- Difficultés à respirer ;
- Vertiges ou confusion ;
- Nausées ou vomissements ;
- Douleurs importantes ;
- Difficultés à bouger un membre ;
- Troubles de la vision ;
- Perte de connaissance, même brève.
Évitez de passer vos mains sous vos vêtements pour rechercher une blessure profonde. Vous pourriez aggraver un saignement, contaminer une plaie ou modifier des traces utiles à l’enquête.
En cas de saignement important, de traumatisme à la tête, de perte de connaissance, de douleur intense ou de doute sur votre état, appelez le 112. Évitez également de vous déplacer inutilement après une chute importante ou un choc violent et suivez les instructions de l’opérateur.
4. Préservez les preuves lorsque cela est possible
Votre sécurité et vos soins restent toujours prioritaires. Une fois en sécurité, essayez néanmoins de préserver les éléments liés à l’agression.
Dans la mesure du possible :
- Ne nettoyez pas immédiatement les objets touchés par l’agresseur ;
- Conservez les vêtements abîmés ou tachés ;
- Photographiez vos blessures et les dégâts matériels ;
- Notez l’heure et le lieu précis des faits ;
- Conservez les messages, appels ou menaces reçus ;
- Relevez les coordonnées des témoins ;
- Signalez rapidement la présence éventuelle de caméras.
Écrivez ce dont vous vous souvenez dès que votre état le permet : description de l’agresseur, vêtements, paroles prononcées, arme éventuelle, véhicule et direction de fuite. Les souvenirs peuvent devenir moins précis avec le temps.
En cas de violence sexuelle récente, évitez si possible de vous laver, de changer de vêtements ou de nettoyer les lieux avant d’avoir reçu les recommandations appropriées. Vous pouvez vous rendre dans un Centre de prise en charge des violences sexuelles, où une aide médicale, médico-légale et psychologique est proposée. Informations de la Police belge
5. Faites examiner vos blessures par un professionnel de santé
Même si vous ne ressentez pas immédiatement une douleur importante, un examen médical peut être nécessaire.
Un médecin pourra :
- Vérifier votre état de santé ;
- Détecter certaines blessures moins visibles ;
- Vous orienter vers des examens complémentaires ;
- Prescrire les soins nécessaires ;
- Établir un certificat médical décrivant vos blessures.
Ce document peut être utile dans le cadre d’une plainte, d’une incapacité de travail ou d’une demande d’indemnisation.
Si la situation n’est pas urgente, contactez votre médecin généraliste. En dehors de ses heures de consultation, le 1733 permet de joindre un médecin de garde dans les zones où ce service est actif. En cas d’urgence médicale, appelez toujours le 112.
6. Déposez plainte auprès de la police
Déposer plainte permet de faire enregistrer officiellement les faits et de transmettre les informations dont vous disposez.
Même si vous vous êtes défendu, expliquez précisément le déroulement de l’agression : ce qui s’est produit avant le contact physique, les menaces reçues, votre réaction et la manière dont la situation s’est terminée.
Apportez, lorsque vous les possédez :
- Votre certificat médical ;
- Les photos de vos blessures ;
- Les vêtements ou objets endommagés ;
- Les coordonnées des témoins ;
- Les messages ou enregistrements pertinents ;
- Une chronologie écrite des faits.
Restez factuel et évitez d’exagérer ou de compléter les éléments dont vous n’êtes pas certain. Vous pouvez simplement préciser que vous ne vous souvenez plus clairement d’un détail.
En Belgique, le 101 doit être utilisé lorsqu’une intervention policière urgente est nécessaire. Si le danger est terminé, vous pouvez contacter votre zone de police locale pour organiser le dépôt de plainte.
7. Contactez une personne de confiance

Après avoir assuré votre sécurité et réalisé les démarches urgentes, évitez si possible de rester seul.
Contactez un proche, un membre de votre famille ou une personne en qui vous avez confiance. Sa présence peut vous aider à vous sentir en sécurité, à vous déplacer jusqu’au commissariat ou chez le médecin et à retenir les différentes informations reçues.
Une personne de confiance peut également vous aider à réaliser les démarches administratives lorsque le choc rend les choses plus difficiles.
8. Surveillez votre état psychologique
Une agression peut laisser des conséquences psychologiques même lorsque les blessures physiques semblent limitées.
Dans les jours ou les semaines qui suivent, certaines réactions peuvent apparaître :
- Difficultés à dormir ;
- Images répétitives de l’agression ;
- Peur de retourner sur les lieux ;
- Irritabilité ou colère ;
- Difficultés de concentration ;
- Sentiment de culpabilité ;
- Tendance à s’isoler ;
- État d’alerte permanent.
Ces réactions ne signifient pas que vous manquez de force. Si elles deviennent envahissantes, persistent ou perturbent votre quotidien, parlez-en à votre médecin, à un psychologue ou à un service spécialisé dans l’aide aux victimes.
Ne restez pas seul avec ce que vous avez vécu.
La peur, la confusion ou la paralysie ressenties pendant l’événement sont des réactions humaines. Découvrez comment le corps peut réagir face à une agression.
Ce qu’il faut éviter après une agression
Après les faits, évitez autant que possible de :
- Poursuivre l’agresseur ;
- Retourner seul sur les lieux ;
- Publier immédiatement tous les détails sur les réseaux sociaux ;
- Nettoyer trop rapidement les vêtements ou les objets concernés ;
- Minimiser une blessure à cause de l’adrénaline ;
- Modifier votre récit pour le rendre plus impressionnant ;
- Vous reprocher votre réaction pendant l’agression.
Face à un danger réel, le corps peut combattre, fuir ou se figer. Une réaction de sidération est un mécanisme humain et ne rend jamais la victime responsable de ce qu’elle a subi.
En conclusion
Après une agression, retenez cet ordre de priorité :
- Rejoindre un endroit sûr ;
- Appeler le 112 ou le 101 selon l’urgence ;
- Recevoir les soins nécessaires ;
- Préserver les preuves sans retarder les secours ;
- Déposer plainte ;
- Contacter une personne de confiance ;
- Surveiller son état physique et psychologique.
La self-défense ne s’arrête pas lorsque l’agression prend fin. Savoir quoi faire avant, pendant et après les faits fait pleinement partie de la préparation.
La meilleure stratégie reste naturellement d’éviter la situation lorsqu’elle peut être repérée suffisamment tôt. Consultez également nos conseils pour tenter de désamorcer un conflit avant son escalade.
Force et honneur,
Votre instructeur en Krav Maga dévoué,
Reduan
