Que faire lorsqu’une personne se rapproche de manière agressive, hausse le ton ou semble prête à passer à l’acte ?
Il n’existe aucune réaction capable de garantir votre sécurité dans toutes les situations. Chaque confrontation dépend de l’environnement, du nombre de personnes présentes, de l’état de l’agresseur, de la possibilité de partir et de nombreux autres facteurs.
Certains réflexes peuvent néanmoins vous aider à prévenir une escalade, à protéger votre espace et à demander de l’aide plus efficacement.
La priorité reste toujours la même : éviter le combat et quitter la situation dès que cela devient possible.
1. Adoptez une posture stable sans provoquer

Votre posture communique avant même que vous preniez la parole.
Une personne qui baisse les yeux, se recroqueville ou semble complètement paralysée peut donner l’impression qu’elle ne réagira pas. À l’inverse, une attitude ouvertement provocatrice peut accélérer le passage à la violence.
Cherchez donc un équilibre :
- Redressez légèrement votre posture ;
- Gardez la tête relevée ;
- Observez la personne sans la fixer comme dans un défi ;
- Orientez légèrement votre corps ;
- Conservez suffisamment d’espace pour bouger ;
- Repérez les sorties et les personnes présentes ;
- Évitez les gestes brusques inutiles.
L’objectif n’est pas de paraître plus fort que l’autre. Vous cherchez à montrer que vous êtes attentif, tout en évitant d’alimenter son agressivité.
Une posture assurée ne vous protège pas automatiquement d’une agression. Elle peut cependant vous aider à mieux observer, communiquer et réagir.
2. Utilisez une voix ferme, claire et non provocatrice
Votre voix doit être suffisamment forte pour être entendue, sans nécessairement devenir agressive.
Privilégiez des phrases courtes :
- « Restez à distance. »
- « Je ne veux pas de problème. »
- « Ne me touchez pas. »
- « Laissez-moi passer. »
- « Reculez, s’il vous plaît. »
- « J’appelle la police. »
Le choix des mots doit s’adapter à la situation. Une formule polie n’est pas toujours un signe de faiblesse, tout comme un ordre brutal n’est pas toujours une preuve d’autorité.
Votre objectif est de fixer une limite claire sans lancer un duel d’ego.
Évitez autant que possible :
- Les insultes ;
- Les menaces inutiles ;
- Les défis ;
- Les longues justifications ;
- Les phrases humiliantes ;
- Les cris prononcés trop près du visage de l’autre.
Face à une personne très agitée, alcoolisée ou sous l’influence de substances, un raisonnement complexe risque de ne pas fonctionner. Concentrez-vous alors sur la distance, la sortie et la recherche d’aide.
3. Placez vos mains ouvertes devant vous

Si une personne réduit la distance malgré vos demandes, placez vos mains ouvertes devant le haut de votre corps.
Cette position peut remplir plusieurs fonctions :
- Protéger votre visage ;
- Maintenir une distance ;
- Créer une barrière physique ;
- Montrer que vous ne cherchez pas le combat ;
- Vous préparer à vous protéger si un coup est porté ;
- Permettre aux témoins de voir une attitude défensive.
Vos mains doivent rester visibles et vos gestes contrôlés.
Évitez de fermer immédiatement les poings si la confrontation reste verbale. Une garde de boxe très marquée peut être interprétée comme une volonté de combattre et contribuer à l’escalade.
Ne poussez pas non plus automatiquement la personne. Un contact physique peut faire basculer la situation. Utilisez d’abord votre voix, votre déplacement et votre positionnement si ceux-ci suffisent encore.
4. Stabilisez vos appuis et conservez une possibilité de déplacement
Évitez de rester complètement figé avec les pieds collés ou parfaitement parallèles.
Placez discrètement un pied légèrement derrière l’autre et gardez les genoux relâchés. Cette position peut améliorer votre équilibre et vous permettre de vous déplacer plus rapidement.
Vos appuis doivent vous aider à :
- Reculer ;
- Sortir d’un angle ;
- Éviter une poussée ;
- Maintenir votre équilibre ;
- Protéger une autre personne ;
- Partir dès qu’une ouverture apparaît.
Être stable ne signifie pas rester enraciné au même endroit. En self-défense, la mobilité est souvent plus importante que la volonté de tenir sa position.
Évitez également de vous laisser enfermer entre la personne et un mur, une voiture ou un obstacle. Si vous pouvez vous rapprocher d’une sortie, d’un commerce ouvert, d’un groupe ou d’un endroit surveillé sans augmenter le danger, faites-le.
5. Désignez précisément une personne pour demander de l’aide

En cas de danger, vous pouvez crier pour attirer l’attention. La police belge recommande d’ailleurs de crier au secours lorsqu’une agression se produit afin d’alerter les personnes présentes. Ces recommandations sont notamment reprises par Police.be.
Lorsque plusieurs témoins sont présents, essayez également de confier une action précise à une personne identifiable :
- « Madame avec le manteau rouge, appelez la police ! »
- « Monsieur près de la porte, aidez-moi à sortir ! »
- « Vous avec le téléphone, appelez le 112 ! »
- « Le vigile près de l’entrée, venez ici ! »
Désigner une personne peut réduire l’ambiguïté et lui permettre de comprendre immédiatement ce que vous attendez d’elle.
Il n’existe cependant aucun pourcentage fiable garantissant son intervention. Certaines personnes peuvent avoir peur, ne pas comprendre la situation ou choisir d’appeler les secours sans intervenir physiquement.
Demander à un témoin d’appeler la police est souvent plus prudent que lui demander de combattre l’agresseur.
6. Rendez la situation compréhensible pour les témoins
Lorsqu’une confrontation implique un conjoint, un ancien partenaire, un ami ou une connaissance, les témoins peuvent hésiter parce qu’ils ne comprennent pas ce qui se passe.
Rendez le danger explicite :
- « Cet homme m’agresse ! »
- « Cette personne m’empêche de partir ! »
- « Je lui ai demandé de ne pas me toucher ! »
- « Appelez la police ! »
- « Je suis en danger ! »
- « Je ne veux pas partir avec cette personne ! »
Si vous ne connaissez pas l’agresseur, dites-le clairement :
« Je ne connais pas cette personne. Appelez la police ! »
Ne prétendez toutefois pas qu’une personne vous est inconnue si ce n’est pas vrai. Le message le plus important est que vous n’êtes pas consentant et que vous avez besoin d’aide.
Si les violences proviennent d’un partenaire ou d’un proche, votre priorité reste de rejoindre un endroit sûr et de contacter les services compétents. Une situation de violence conjugale ne doit pas être considérée comme une simple dispute privée.
Quand faut-il appeler le 112 ?
En Belgique, vous pouvez appeler le 112 lorsque vous êtes victime ou témoin d’une agression ou d’une bagarre. Cette situation figure explicitement parmi les urgences présentées sur le site officiel du 112 belge.
Si vous pouvez appeler sans vous exposer davantage :
- Donnez votre localisation aussi précisément que possible ;
- Expliquez brièvement la situation ;
- Indiquez si une arme est visible ;
- Précisez le nombre de personnes ;
- Signalez les éventuels blessés ;
- Suivez les instructions de l’opérateur.
Si sortir votre téléphone risque de provoquer immédiatement l’agresseur, éloignez-vous d’abord ou demandez à un témoin d’appeler.
Que faire si la personne passe à l’agression physique ?
Lorsque l’agression devient physique, aucune liste lue sur Internet ne remplace un entraînement encadré.
Votre réaction dépendra notamment :
- De la possibilité de fuir ;
- De la présence d’une arme ;
- Du nombre d’agresseurs ;
- De votre position ;
- De la présence d’enfants ou de proches ;
- De votre état physique ;
- De l’environnement.
Si vous devez vous défendre, l’objectif n’est pas de gagner un combat ni de punir la personne. Il est de créer une occasion de vous mettre en sécurité et d’appeler les secours.
Votre réaction doit également rester proportionnée au danger auquel vous faites face.
En conclusion : la prévention doit être entraînée
Sous l’effet de la peur, il devient difficile de penser à six conseils différents.
C’est précisément pour cette raison que ces comportements doivent être travaillés pendant des mises en situation progressives : posture, voix, distance, position des mains, déplacements et demande d’aide.
Retenez déjà trois priorités :
- Créez ou conservez de la distance ;
- Rendez la situation claire pour les témoins ;
- Quittez les lieux et appelez les secours dès que possible.
Apprenez également à reconnaître les cinq signaux pouvant annoncer un conflit et découvrez les différentes réactions possibles face à une agression.
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Force et honneur,
Votre instructeur en Krav Maga dévoué,
Reduan.
