Quand on me dit : « C’est facile pour toi, tu es coach »

Lorsque je donne cours, j’entends régulièrement cette phrase :

« Oui, mais pour toi, c’est facile. Tu fais ça tous les jours et tu es coach. »

Je comprends cette réaction. Lorsque nous regardons une personne exécuter facilement une technique, diriger un groupe ou vivre de sa passion, nous voyons le résultat actuel. Nous ne voyons pas toujours les années de travail qui se trouvent derrière.

Aujourd’hui, certaines choses me paraissent effectivement plus simples qu’à mes débuts. Mais elles ne l’ont pas toujours été.

Je ne suis pas né avec une confiance exceptionnelle, une condition physique impressionnante ou un talent naturel pour le Krav Maga. J’ai commencé comme tout le monde : en étant débutant, en commettant des erreurs et en doutant régulièrement de mes capacités.

Alors, quand on me dit que c’est facile pour moi, voici ce dont je me souviens.

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1. Je me souviens du nombre de fois où j’ai échoué

J’ai connu des échecs sportifs, professionnels et personnels.

Certaines techniques m’ont demandé énormément de répétitions. Certains projets n’ont pas fonctionné comme je l’espérais. Certaines décisions que je pensais excellentes se sont révélées mauvaises.

Avec le temps, j’ai compris que plus une personne possède de l’ambition, plus elle s’expose à l’échec.

Si vous ne tentez rien de nouveau, vous pouvez facilement limiter le nombre de vos échecs. Mais vous limitez également vos possibilités d’apprendre et de progresser.

L’échec n’est pas agréable, mais il peut devenir utile

Je ne vais pas prétendre que j’apprécie toujours l’échec. Certaines expériences ont été difficiles à accepter.

J’ai toutefois appris à me poser plusieurs questions :

  • Qu’est-ce qui n’a pas fonctionné ?
  • Quelle part de responsabilité puis-je assumer ?
  • Quelle compétence me manque encore ?
  • Que pourrais-je faire différemment ?
  • Est-ce que mon objectif reste important pour moi ?
  • Quelle est la prochaine action concrète ?

Un échec ne devient utile que lorsque nous prenons le temps de l’analyser.

En Krav Maga, une technique ratée vous montre ce qui doit être corrigé. Dans la vie, le principe est souvent identique.

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2. Je me souviens du nombre d’heures passées à m’entraîner

Je me suis entraîné pendant des milliers d’heures, dans différentes disciplines et dans des états d’esprit très variables.

Certains jours, j’étais motivé et impatient de commencer. D’autres jours, j’étais fatigué, préoccupé ou simplement peu disposé à faire du sport.

Être coach ne signifie pas avoir envie de s’entraîner en permanence.

La différence se situe plutôt dans la capacité à continuer lorsque la motivation diminue.

La motivation m’a fait commencer, la discipline m’a fait continuer

La motivation est une émotion. Elle varie selon la fatigue, l’humeur et les événements de la journée.

La discipline repose davantage sur une décision :

« J’ai prévu de m’entraîner et je vais respecter cet engagement. »

Cette discipline ne consiste pas à ignorer une blessure, une maladie ou un besoin réel de récupération. Elle consiste à reconnaître la différence entre un véritable signal d’alerte et une simple envie de rester dans son confort.

Je n’ai pas progressé parce que j’étais constamment motivé. J’ai progressé parce que je suis revenu régulièrement, y compris pendant les périodes moins agréables.

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3. Je me souviens des peurs que j’ai dû affronter

Je n’ai pas toujours été à l’aise pendant les combats ou les exercices sous pression.

La première fois que j’ai été dominé par un partenaire plus expérimenté, je ne suis pas sorti du combat avec une confiance extraordinaire. J’ai ressenti de la peur, de la frustration et parfois l’envie de ne pas revivre cette expérience.

Mais je suis revenu.

Pas pour prouver que j’étais le plus fort. Je suis revenu parce que je voulais comprendre ce qui m’avait mis en difficulté et devenir légèrement meilleur.

Le courage n’est pas l’absence de peur

J’ai progressivement compris que le courage ne consistait pas à ne plus avoir peur.

Il consiste à reconnaître cette peur et à continuer à avancer lorsque l’action reste raisonnable et importante pour nous.

J’ai dû affronter différentes appréhensions :

  • La peur du combat ;
  • La peur d’être jugé ;
  • La peur de prendre la parole ;
  • La peur de ne pas être à la hauteur ;
  • La peur de ne pas pouvoir vivre de ma passion ;
  • La peur de perdre de l’argent ;
  • La peur de prendre une mauvaise décision ;
  • La peur de l’inconnu.

Ces peurs n’ont pas toutes disparu. J’ai surtout appris à ne plus leur confier systématiquement mes décisions.

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4. Je me souviens des personnes dont j’ai dû m’éloigner

Lorsque vous commencez à changer, toutes les personnes présentes dans votre vie ne comprennent pas nécessairement votre évolution.

Certaines vous soutiennent. D’autres se moquent, minimisent vos objectifs ou essaient de vous ramener vers votre ancienne manière de fonctionner.

J’ai parfois dû prendre mes distances avec certaines relations.

Dans quelques cas, cette décision était simple. Dans d’autres, elle a été douloureuse.

Votre environnement influence votre direction

Les personnes qui vous entourent influencent :

  • Vos habitudes ;
  • Votre manière de penser ;
  • Votre niveau d’ambition ;
  • Votre perception du risque ;
  • Votre confiance ;
  • Votre capacité à rester régulier.

Cela ne signifie pas qu’il faut exclure toute personne qui pense différemment. La contradiction peut être utile et certaines critiques sont parfaitement justifiées.

En revanche, lorsqu’une relation vous pousse continuellement à abandonner vos objectifs, à douter de votre valeur ou à reproduire des comportements que vous souhaitez quitter, il peut être nécessaire de créer une distance.

Lorsque vous savez dans quelle direction vous souhaitez avancer, vous distinguez plus facilement les personnes qui peuvent faire partie du voyage.

5. Je me souviens des limites physiques et mentales dépassées

Une pratique sportive durable vous confronte inévitablement à certaines limites.

Vous serez parfois fatigué. Vous rencontrerez des partenaires plus forts et des exercices qui vous sembleront impossibles. Votre progression ralentira et vous pourrez avoir l’impression de stagner.

J’ai dû apprendre à distinguer deux situations :

  • La difficulté qui me fait progresser ;
  • La douleur ou l’épuisement qui me demande de récupérer.

Dépasser ses limites ne signifie pas se blesser ou ignorer son corps. Cela signifie avancer légèrement au-delà de ce que nous pensions pouvoir réaliser, dans un cadre raisonnable.

Le sport a transformé ma gestion des crises

Ces expériences m’ont progressivement rendu plus solide face aux difficultés de la vie personnelle et professionnelle.

Lorsque je rencontre une situation compliquée, je sais désormais que :

  • L’inconfort est temporaire ;
  • Une première tentative peut échouer ;
  • Je peux demander de l’aide ;
  • Je peux modifier ma stratégie ;
  • Je peux continuer sans tout maîtriser ;
  • Une période difficile ne détermine pas toute mon histoire.

Le Krav Maga ne m’a pas rendu insensible aux problèmes. Il m’a fourni des expériences me prouvant que j’étais capable de les traverser.

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6. Je me souviens que je n’étais pas le plus talentueux

Je n’ai aucun problème à reconnaître qu’il me faut parfois beaucoup de temps et de répétitions pour comprendre une technique ou développer une compétence.

Je ne faisais pas nécessairement partie des pratiquants les plus talentueux.

D’autres apprenaient plus rapidement, possédaient une meilleure condition physique ou semblaient naturellement plus à l’aise pendant les combats.

Mais plusieurs années plus tard, je suis toujours présent.

Une partie des personnes qui semblaient les plus douées ont arrêté en cours de route.

La constance peut dépasser le talent

Le talent représente un avantage de départ, mais il ne garantit pas une progression durable.

Une personne moins douée qui s’entraîne régulièrement, accepte les corrections et continue à apprendre peut finir par dépasser une personne talentueuse qui néglige le travail de fond.

Ce qui a fait la différence pour moi n’est pas d’avoir été la personne la plus talentueuse de la salle.

J’ai probablement été l’une des plus obstinées.

J’ai continué à :

  • M’entraîner ;
  • Me former ;
  • Demander des conseils ;
  • Corriger mes erreurs ;
  • Explorer d’autres disciplines ;
  • Remettre ma méthode en question ;
  • Revenir après une période difficile.

La constance ne produit pas toujours des résultats immédiats. Elle devient puissante lorsqu’elle s’accumule pendant plusieurs années.

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7. Je me souviens du prix payé pour progresser

Chaque objectif demande un investissement.

Ce prix ne se mesure pas uniquement en argent. Il peut prendre différentes formes :

  • Du temps ;
  • De l’énergie ;
  • Des entraînements ;
  • Des formations ;
  • Des déplacements ;
  • Des frustrations ;
  • Des décisions difficiles ;
  • Des opportunités refusées ;
  • Des périodes d’incertitude ;
  • Des habitudes à modifier.

Je ne présente pas ces choix comme une souffrance glorieuse. Tous les sacrifices ne sont pas intelligents et aucun objectif ne justifie de détruire sa santé ou ses relations importantes.

Mais il faut accepter qu’un résultat exige certaines actions.

Quel prix êtes-vous prêt à payer ?

Vous souhaitez perdre du poids ? Quelles habitudes êtes-vous prêt à modifier ?

Vous souhaitez apprendre à vous défendre ? Combien de séances êtes-vous prêt à suivre avec régularité ?

Vous souhaitez devenir coach ou combattant ? Combien de temps consacrerez-vous à votre formation, votre récupération et votre pratique ?

Vous souhaitez développer votre confiance ? Êtes-vous prêt à affronter progressivement les situations que vous évitez aujourd’hui ?

Plus votre objectif est ambitieux, plus l’investissement demandé sera important.

Tant que votre intention ne produit aucune action, elle reste un souhait.

Ce qui semble facile aujourd’hui a été difficile hier

Lorsque vous voyez un coach réaliser une technique avec fluidité, vous observez le résultat de nombreuses répétitions.

Lorsque vous voyez une personne confiante parler devant un groupe, vous ne voyez pas nécessairement les années pendant lesquelles elle a évité de s’exprimer.

Lorsque vous regardez quelqu’un vivre de sa passion, vous ne voyez pas toujours les périodes pendant lesquelles cette personne doutait de pouvoir payer ses factures.

Ce qui est facile aujourd’hui ne l’a pas toujours été.

À force de répéter une action difficile, elle devient progressivement plus naturelle. Ensuite, les personnes qui découvrent uniquement le résultat peuvent croire qu’elle a toujours été simple.

En conclusion : ne comparez pas votre départ au résultat des autres

Lorsque vous regardez une personne plus avancée, évitez de comparer votre première année à sa dixième année de pratique.

Vous ne possédez pas encore son expérience, mais elle ne possédait pas non plus cette expérience lorsqu’elle a commencé.

Au lieu de penser :

« Pour lui, c’est facile »,

posez-vous plutôt cette question :

« Qu’a-t-il répété, appris et mis en place pour que cela semble facile aujourd’hui ? »

Puis choisissez une première action adaptée à votre propre objectif.

Vous n’avez pas besoin d’être le plus talentueux. Vous devez surtout être suffisamment régulier pour rester dans la course et continuer à progresser.

Force et honneur,

Votre instructeur en Krav Maga dévoué, Reduan

Les coordonnées de Reduan, instructeur en Krav Maga à Mons